Une petite vidéo sympa sur le principe du lipdub. :)
Nous en sommes tous las
Les voltes de Laëla séduisent pour amener folie
Parfum brut de chaire pour l’antonyme rêvé de la paresse
Ô louange divine de ce corps libre
N’a d’égale que l’épaisse turpitude de ton esprit malin !
Tu violes nos âmes en alanguissant à l’infini nos corps par ta volupté
Perfidie ! Perfidie ! Perfidie ! Perfide !
Gagne la honte en violant notre désir !
furieuse piqûre,
initiés à tête d'ange brûlant pour la liaison céleste ancienne
avec la dynamo étoilée dans la mécanique nocturne,
qui pauvreté et haillons et oeil creux et défoncés restèrent
debout en fumant dans l'obscurité surnaturelle des cham-
bres bon marché flottant par-dessus le sommet des villes
en contemplant du jazz,
qui ont mit à nu leurs cerveaux aux Cieux sous le Métro
Aérien et vu des anges d'Islam titubant illuminés sur
les toits des taudis,
qui ont passé à travers des universités avec des yeux radieux
froids hallucinant l'Arkansans et des tragédies à la Blake
parmi les érudits de la guerre,
qui ont été expulsés des académies pour folie et pour publi-
cation d'odes obscènes sur les fenêtres du crâne,
qui se sont blottis en sous-vêtements dans des chambres pas
rasés brûlant leur argent dans des corbeilles à papier
et écoutant la Terreur à travers le mur,
qui furent arrêtés dans leurs barbes pubiennes en revenant
de Laredo avec une ceinture de marihuana pour New
York,
qui mangèrent du feu dans des hôtels à peinture ou burent
de la térébenthine dans Paradise Alley, la mort, ou leurs
torses purgatoirés nuit après nuit,
avec des rêves, avec des la drogue, avec des cauchemars qui
marchent, l'alcool la queue les baisades sans fin
incomparables rues aveugles de nuage frémissant et d'éclair
dans l'esprit bondissant vers les pôles du Canada et de
Paterson, illuminant tout le monde immobile du Temps-
intervalle,
solidités de peyotl des halls, aurores de jardinets arbre vert
cimetière, ivresse de vin par-dessus les toits, banlieues de
vitrines de magasins de fumeurs de haschisch de ballade
en auto défoncés néon feux rouges clignotants, vibrations
de soleil et lune et arbre dans rugissants crépuscules
d'hivers de Brooklyn, imprécations de poubelle et aimable
souveraine lumière de l'esprit,
qui s'enchaînèrent pleins de benzédrine sur les rames de métro
pour le voyage sans fin de Battery au Bronx sacré jusqu'à
ce que le bruit des roues et des enfants les firent redes-
cendre tremblants débris de bouche et mornes cerveaux
cognés toute brillance écoulée dans un éclairage lugubre
de Zoo,
qui sombrèrent toute la nuit dans la lumière de sous-marin
de chez Bickford flottèrent à la dérive et restèrent assis
durant l'après-midi de bière plate dans le désert de Chez
Fugazzi écoutant le craquement d'apocalypse du juke-
box à hydrogène,
qui parlèren sans discontinuer pendant 70 heures du parc à
la piaule au bar à l'asile au musée au pont de Brooklyn,
un bataillon perdu de platoniques maniaques du dialogue sau-
tant les pentes en bas des escaliers de secours en bas des
rebords de fenêtres en bas des l'Epire State Building
hors de la lune,
blablateurs hurlant vomissant murmurant des faits des souve-
nirs des anecdotes des orgasmes visuels et des traumatismes
des hôpitaux et des prisons et des guerres,
des intellects entiers dégorgés en mémoire intégrale pour sept
jours et sept nuits avec des yeux scintillants, viande
pour la synagogue jetée sur le pavé,
qui disparurent dans le nulle-part Zen de New Jersey laissant
une trainée de cartes postales ambiguës d'Atlantic City
Hall,
souffrant des sueurs de l'Est et de ces os sous la meule de Tanger,
et des migraines de Chine sous le repli de la drogue dans
la lugubre chambre meublée de Newark,
qui errèrent et errèrent en tournant à minuit dans la cour du
chemin de fer en se demandant où aller, et s'en allèrent
sans laisser de coeurs brisés,
qui allumèrent des cigarettes dans des wagons à bestiaux wagons
à bestiaux wagons à bestiaux cahotant à travers neige
vers des fermes désolées dans la nuit de grand-père,
qui au Kansas étudièrent Plotin Poe Saint Jean de la Croix la
télépathie et la cabale bop parce que le Cosmos vibrait
instinctivement à leurs pieds,
qui se sont esseulés le long des rues de l'daho, cherchant des
anges indiens visionnaires qui étaient des anges indiens
visionnaires,
qui ont pensé qu'ils étaient seulement fous quand Baltimore
luisait en extase surnaturelle,
qui ont sauté dans des limousines avec les Chinois de l'Oklahoma
sous l'impulsion de la pluie de minuit d'hiver réverbère
petite-ville,
qui flânèrent affamés et tout seuls dans Houston cherchant du
jazz, sexe, soupe, suivirent l'espagnol brillant pour conver-
ser au sujet de l'Amerique et de l'Eternité, tâche sans
espoir, et ainsi embarquèrent pour l'Afrique,
qui disparurent à l'intérieur des volcans mexicains ne laissant
derrière eux que l'ombre des blue-jeans et la lave de la
cendre de poésie éparpillée dans la cheminé de Chicago,
qui réapparurent sur la Côte Ouest enquêtant sur le F.B.I.
en barbe et en culottes courtes avec de grands yeux de
pacifistes sensuels dans leur peau sombre, distribuant des
tracts incompréhensibles,
qui ont brûlé des trous de cigarettes dans leurs bras en protestant
contre la brume de tabac narcotique du capitalisme,
qui distribuèrent des brochures sur-communistes à Union Square
en pleurant et en se déshabillant pendant que les sirènes
de Los Alamos les rattrapèrent en hurlant, et descendirent
Wall Street en hurlant, et le ferry-boat de Staten Island
hurlait aussi,
qui s'écroulèrent en pleurant dans des gymnases blancs nus
et tremblant devant la mécanique d'autres squelettes,
qui mordirent les détectives au cou et poussèrent un cri aigu
de plaisir dans les paniers à salade pour n'avoir commis
aucun crime sauf celui de leur propre cuisine et sauvage
pédérastie et de leur intoxication,
qui hurlèrent à genoux dans le métro et furent traînés du toit
en agitant parties génitales et manuscrits,
qui se laissèrent enculer par des saints motocyclistes et hurlèrent
de joie,
qui sucèrent et furent sucés par ces séraphins humains, les marins,
caresses d'amour atlantique et caraïbe,
qui baisèrent le matin et le soir dans les roseraies et sur le
gazon des jardins publics et des cimetières répandant leur
semence à qui que ce soit, jouisse qui pourra,
que secouèrent des hoquets interminables en essayant de rigoler
mais qui se retrouvèrent en sanglots derrière la paroi
du Bain Turc quand l'ange nu et blond vint les percer
avec une épée,
qui perdirent leurs boys d'amour à trois vieilles mégères du
destin la mégère borgne du dollar hétérosexuel la mégère
borgne qui cligne de l'oeil dans la matrice et la mégère
borgne qui ne fait rien d'autre que de rester assise sur
son cul et de couper les fils d'or intellectuels du métier
à tisser de l'artisant,
qui copulèrent en extase et insatiables avec une bouteille de
bière une fiancée un paquet de cigarettes une bougie et
tombèrent du lit en continuèrent le long du plancher et
dans le couloir et s'arrêtèrent au mur évanouis avec une
vision de vagin et de jouissance suprêmes éludant la
dernière éjaculation de conscience,
qui sucèrent le con d'un million de filles tremblantes dans le
soleil couchant, et ils avaient les yeux rouges au matin
mais prêts à sucer le con du soleil levant, étincelant des
fesses dans les granges et nus dans le lac,
qui sortirent draguer à travers le Colorado dans des myriades
de voitures de nuit volées, N. C., héros secret de ces
poèmes-ci, baiseur et Adonis de Denver - joie à sa
mémoires d'innombrables baisages de filles dans des terrains
vagues et dans la cour des restaurants, dans les rangées
boiteuses de cinémas, au sommet des montagnes dans
des grottes ou avec des serveuses maigres dans des soulè-
vements familiers de combinaison solitaire au bord de
la route et joie spécialement aux solipsismes et aux Toilettes
secrètes des stations-service et aussi dans les ruelles de
la ville natale,
qui se dissolvèrent dans de vastes cinémas sordides, furent
transférés en rêve, se réveillèrent sur un brusque Man-
hattan, et sortirent des caves se ramassant avec une
gueule de bois de Tokay-sans-coeur et les horreurs des
songes en fer de la Troisième Avenue et trébuchèrent
vers les bureaux de chômage,
qui marchèrent toute la nuit avec leurs chaussures pleines de
sang le long des docks enneigés pour attendre qu'une porte
sur l'Est River s'ouvre sur une chambre pleine de chaleur
vaporeuse et d'opium,
qui sur les appartements des bords de l'eau de l'Hudson River
créèrent de grands drames-suicides sous le projecteur bleu
du temps de guerre de la lune et leurs têtes seront couron-
nées de laurier dans l'oubli,
qui mangèrent le ragoût de mouton imaginaire ou digérèrent
le crabe au fond boueux des rivières de la Bowery,
qui sanglotèrent à la romance des rues avec leurs voitures à
bras pleines d'oignons et de mauvaises musiques,
qui restèrent assis dans des boîtes, respirant dans l'obscurité
sous le pont, et se relevèrent pour construire des harpes
dans leurs greniers,
qui toussèrent au sixième étage de Harlem couronnés de feu
sous le ciel tuberculeux entourés par les caisses d'oranges
de la théologie,
qui gribouillèrent toute la nuit dans un rock and roll par-dessus
des incantations éthérées qui dans le matin jaune deve-
naient des strophes de charabia,
qui firent cuire des poumons coeur pieds queue borsht et tortillas
d'animaux pourris en rêvant de royaume de pur légume,
qui plongèrent sous un camion à viande cherchant un oeuf,
qui jetèrent leurs montres par-dessus le toit pour remplir leur
bulletin de vote en faveur de l'Eternité hors du Temps,
et des réveils leur tombèrent sur la tête tous les jours
pour les dix années à suivre,
qui se tailladèrent les poignets trois fois de suite sans succès,
renoncèrent et furent obligés d'ouvrir des magasins d'anti-
quités, où ils crurent qu'ils devenaient vieux et sanglo-
tèrent,
qui furent brûlés vivants dans leurs innocents complet-vestons
en flanelle sur la Madison Avenue parmi des éclatements
de vers en plomb et le fracas emmagasiné des régiments
de fer de la haute-couture et les cris de nitro-glycérine des
pédés de la publicité et la suffocante moutarde des rédac-
teurs en chef intelligents, ou qui furent écrasés par les
taxis ivres de la Realité Absolue,
qui se jetèrent en bas du Brooklyn Bridge ceci est vraiment
arrivé et s'en allèrent à pied inconnus et oubliés dans
l'hébétement fantôme de la soupe des ruelles et des voi-
tures, de pompier de Chinatown et pas même une bière
à l'oeil,
qui chantèrent de désespoir par la fenêtre, tombèrent par la
fenêtre du métro, sautèrent dans le crasseux Passaic, se
jetèrent sur les nègres, pleurèrent partout dans la rue,
dansèrent nu-pieds sur des verres de vin brisés et brisèrent
des disques de jazz allemand nostalgiques de 1930 burent
tout le whisky et vomirent en grognant dans les W.C.
ensanglantés, des râles dans les oreilles et l'explosion de
sifflets à vapeur géants,
qui descendirent à tombeau ouvert les autoroutes du passé
voyageant à la ronde solitude-prison Golgotha-stock-car
des uns et des autres ou incarnation de jazz à Birmingham,
qui traversèrent le pays en voiture pendant soixante-douze heures
pour savoir si j'avais une vision ou si tu avais une vision
ou s'il avait une vision pour savoir l'Eternité,
qui se rendirent à Denver, qui moururent à Denver, qui revinrent
à Denver, et attendirent en vain, qui montèrent la garde
à Denver qui broyèrent du noir et restèrent tout seul à
Denver et finalement s'en allèrent pour savoir le Temps,
et combien Denver est triste et solitaire pour ses héros,
qui tombèrent à genoux dans des cathédrales sans espoir en
priant pour le salut les uns des autres et la lumière et
les poitrines, jusqu'à ce que l'âme illumine sa chevelure
pendant une seconde,
qui en prison se fracassèrent à travers leur cerveau attendant
des criminels impossibles avec des têtes d'or et le charme
de la réalité dans leurs coeurs et chantèrent le doux blues
d'Alcatraz,
qui se sont retirés au Mexique pour nourrir une intoxication,
ou au Rocky Mount au tendre Bouddha ou à Tanger aux
garçons ou sur la ligne du Pacifique Sud à la locomotive
noire ou à Harvard ou à Narcisse ou à Woodlawn à
la guirlande de marguerites ou à la tombe,
qui éxigèrent qu'un tribunal statue sur la santé mentale accusant
la radio d'hypnotisme et qui se retrouvèrent avec leur
insanité et leurs mains et la décision des jurés en suspens,
qui jetèrent de la salade de pomme de terre sur des conférenciers
traitant du dadaïsme à l'Université de New York et par
la suite se présentèrent sur les marches en granit du l'asile
d'aliénés avec leurs têtes rasées et dans un discours d'arle-
quin de suicide exigèrent une immediate lobotomie,
et à qui fut administré en échange le vide concret de l'insuline
du métrasol de l'électricité de l'hydrothérapies de la psycho-
thèrapie de la thérapie rééducative du ping-pong et de
l'amnésie,
qui dans une protestation sans humour ne renversèrent qu'une
table de ping-pong symbolique, tombèrent brievement en
catatonie, revenant des années plus tard vraiment chauve
sauf une perruque de sang, et des larmes, et des doigts
à l'apocalypse visible du fou des dortoirs des villes de
folie de l'Est,
asiles fétides de Pilgrim State de Rockland et de Greystone, se
querellant avec l'écho de l'esprit, dansant le rock and roll
dans les royaumes dolmens blancs de solitude de minuit
de l'amour, rêve de vie un cauchemar, corps transformés
en pierre aussi lourde que la lune,
avec la mère enfin *****, et le dernier livre fantastique jeté par
la fenêtre du taudis, et la dernière porte fermée à quatre
heures du matin et le dernier téléphone jeté au mur
sans réponse et la dernière chambre meublée évacuée
jusqu'au dernier morceau du mobilier mental, un papier
jaune se dressait tordu sur le cintre métallique dans le
placard, et même cela dans l'imagination, rien qu'un
petit bout d'hallucination encourageant -
ah ! Carl, quand tu n'es pas en sûreté je ne suis pas en sûreté,
et maintenant tu es vraiment dans la soupe totale animale
du temps -
et qui traversèrent donc en courant les rues glacèes obsèdès par
l'éclair brusque de l'alchimie de l'usage de l'ellipse le
catalogue le mètre et le plan vibratoire,
qui rêvèrent et qui pratiquèrent des brèches incarnées dans
le Temps et l'Espace par des images juxtaposées, et piégèrent
l'archange de l'âme entre deux images visuelles et joi-
gnirent les verbes élémentaires et disposèrent le nom et
l' - de conscience ensemble bondissant avec la sensation
de Pater Omnipotens Aeterna Deus
pour recéer la syntaxe et la mesure de la pauvre prose humaine
et rester debout devant vous silencieux et intelli-
gent et tremblant de honte, rejeté et pourtant confes-
sant l'âme pour s'astreindre au rythme de la pensée dans
sa tête nue et infinie,
le momo fou et angélique béat dans le Temps, inconnu, et pour-
tant inscrivant ici ce qui pourrait rester à dire au moment
venu après la mort,
et se dressèrent réincarnés dans les vêtements fantômes du jazz
à l'ombre des trompes d'or de l'orchestre et jouèrent la
souffrance de l'esprit nu de l'Amérique pour l'amour dans
un eli eli lamma lamma sabacthani cri de saxophone qui
fit trembler les villes jusqu'à leur dernière radio
avec le coeur absolu du poème de la vie arraché à leurs propres
corps bon à manger pour un millénaire.
II
Quel sphinx de ciment et d'aluminium a défoncé leurs crânes
et dévoré leurs cervelles et leur imagination ?
Moloch ! Solitude ! Saleté ! Laideur ! Poubelles et dollars
impossibles à obtenir ! Enfants hurlant sous les escaliers !
Garçons sanglotant sous les drapeaux ! Vieillards pleu-
rant dans les parcs !
Moloch ! Moloch ! Couchemar de Moloch ! Moloch le sans-
amour ! Moloch mental ! Moloch le lourd juge des
hommes !
Moloch en prison incompréhensible ! Moloch les os croisés de
la greôle sans âme et du Congrès des afflictions ! Moloch
dont les buildings sont jugements ! Moloch la vaste roche
de la guerre ! Moloch les gouvernements hébétés !
Moloch dont la pensée est mécanique pure ! Moloch dont le
sang et l'argent qui coule ! Moloch dont les doigts
sont dix armées ! Moloch dont la poitrine est une dynamo
cannibal ! Moloch dont l'oreille est une tombe fumante !
Moloch dont les yeux sont mille fenêtres aveugles ! Moloch
dont les gratte-ciel se dressent dans les longues rues
comme des Jéhovahs infinis ! Moloch dont les usines
rêvent et croassent dans la brume ! Moloch dont les
cheminées et les antennes couronnent les villes !
Moloch dont l'amour est pétrole et pierre sans fin ! Moloch
dont l'âme est éléctricité et banques ! Moloch dont la
pauvreté est le spectre du génie ! Moloch dont le sort
est un nuage d'hydrogène asexué ! Moloch dont le nom
est Pensée !
Moloch en qui je m'asseois et me sens seul ! Moloch où je
rêve d'Anges ! Fou dans Moloch ! Suceur de bite en
Moloch ! Sans amour et sans homme dans Moloch !
Moloch qui me pénétra tôt ! Moloch en qui je suis une conscience
sans corps ! Moloch qui me fit fuir de peur hors
de mon extase naturelle ! Moloch que j'abandonne !
Réveil dans Moloch ! Lumière coulant du ciel !
Moloch ! Moloch ! Apparements robots ! Banlieues invisibles !
trésors squelettiques ! capitales aveugles ! industries démo-
niaques ! nations spectres ! asiles invincibles ! queues de
granit ! bombes monstres !
Ils se sont pliés en quatre pour soulever Moloch au Ciel !
Pavés, arbres, radios, tonnes ! soulevant la ville au Ciel
qui existe et qui nous entoure partout !
Visions ! augures ! hallucinations ! miracles ! extases ! disparus
dans le cours du fleuve américain !
Rêves ! adorations ! illuminations ! religions ! tout le tremble-
ment de conneries sensibles !
Percées ! par-dessus le fleuve ! démences et crucifixions ! dis-
parus dans la crue ! Envolées ! Epiphanies ! Détresses !
Décades des cris animaux et de suicides ! Mentalités !
Amours neuves ! Génération folle ! en bas sur les rochers
du Temps !
Vrai rire sacré dans le fleuve ! ils ont vu tout cela ! les yeux
fous ! les hurlements sacrés ! ils ont dit adieu ! Ils ont
sauté du toit ! vers la solitude ! gesticulant ! portant des
fleurs ! En bas vers le fleuve ! dans la rue !
III
Carl Solomon ! je suis avec toi à Rockland
où tu es plus fou que moi
Je suis avec toi à Rockland
où tu dois te sentir très bizarre
Je suis avec toi à Rockland
où tu imites l'ombre de ma mère
Je suis avec toi à Rockland
où tu as assassiné tes douze secrétaires
Je suis avec toi à Rockland
où tu ris de cet humour invisible
Je suis avec toi à Rockland
où nous sommes de grands écrivains sur la même machine
à écrire épouvantable
Je suis avec toi à Rockland
où ton état devient grave et on en parle à la radio
Je suis avec toi à Rockland
où les facultés du crâne n'admettent plus les parasites
des sens
Je suis avec toi à Rockland
où tu bois le thé au sein des vieilles filles d'Utica
Je suis avec toi à Rockland
où tu fais des calembours sur le corps de tes infirmières
les harpies du Bronx
Je suis avec toi à Rockland
où tu hurles dans une camisole de force que tu perds la
partie du vrai ping-pong de l'abîme
Je suis avec toi à Rockland
où tu tapes sur le piano catatonique l'âme est innocente
et immartelle elle ne devrait jamais mourir sans divinité
dans un asile en armes
Je suis avec toi à Rockland
où cinquante électrochocs supplémentaires ne restitue-
ront pas ton âme à son corps après le pèlerinage à la
croix dans le vide
Je suis avec toi à Rockland
où tu accuses de folie tes médecins et complotes la révo-
lution socialiste hébraïque contre le Golgotha national
fasciste
Je suis avec toi à Rockland
où tu couperas en deux les cieux de Long Island et où
tu opéreras la réssurrection de ton Christ humain vivant
hors de la tombe surhumaine
Je suis avec toi à Rockland
où il y a vingt-cinq mille camarades fous chantant tous
ensemble les dernières strophes de l'Internationale
Je suis avec toi à Rockland
où nous embrassons et caressons les Etats-Unis sous nos
draps les Etats-Unis qui toussent toute la nuit et nous
empêchent de dormir
Je suis avec toi à Rockland
où nous nous réveillons électrifiés du coma des avions
de notre âme vrombissant par-dessus le toit ils viennent
lâcher des bombes angéliques l'hôpital s'illumine des
murs imaginaires s'écroulent Oh ! sortez frêles légions en
courant Oh ! trauma étoilé de la miséricorde la guerre
éternelle est là Oh ! victoire oublie tes sous-vêtements
nous sommes libres
Je suis avec toi à Rockland
dans mes rêves tu marches ruisselant d'un voyage en
mer sur l'autoroute à travers l'Amérique en pleurs à
la porte de mon cottage dans la nuit occidentale
Howl, post-scriptum
Sacré ! Sacré ! Sacré ! Sacré ! Sacré ! Sacré ! Sacré !
Le monde est sacré ! L'âme est sacré ! La peau est sacré !
Le nez est sacré ! La langue et la queue et la main et
l'anus sacrés !
Tout est sacré ! tout le monde est sacré ! La peau est sacré !
toute journée est dans l'éternité ! Tout homme est un
ange !
Le clochard est aussi sacré que le séraphin ! le fou est
sacré comme tu es sacrée mon âme !
La machine à écrire est sacrée le poème est sacré la voix
est sacrée les écouteurs sont sacrés l'extase est sacré !
Sacré Peter sacré Allen sacré Solomon sacré Lucien sacré
Kerouac sacré Huncke sacré Burroughs sacré Cassady
sacré l'inconnu sodomisé et les mendiants souffrants
sacrés les hideux anges humains !
Sacrée ma mère à l'hôpital psychiatrique ! Sacrées les
bites des grands-pères du Kansas !
Sacré le saxophone rugissant ! Sacrée l'apocalypse bop !
Sacrés les orchestres de jazz la marihuana les initiés la
paix et la cam et la batterie !
Sacrées les solitudes des gratte-ciel et des trottoirs ! Sacrées
les cafeterias remplies de multitudes ! Sacrées les mysté-
rieuses rivières de larmes sous les rues !
Sacré le juggernaut solitaire ! Sacré l'immense agneau des
classes moyennes ! Sacrés les bergers fous de la rébellion !
Celui qui aime Los Angeles EST Los Angeles !
Sacré New York Sacré San Francisco Sacré Peoria et
Seattle Sacré Paris Sacré Tanger Sacré Moscou Sacré
Istamboul !
Sacré le temps dans l'éternité sacrée l'éternité dans le
temps sacrées les horloges dans l'espace sacrée la qua-
trième dimension sacrée la cinquième Internationale
sacré l'Ange dans Moloch !
Sacrée la mer sacré le désert sacré le chemin de fer sacrée
la locomotive sacrées les visions sacrées les hallucinations
sacrés les miracles sacré le bulbe de l'oeil sacré l'abîme !
Sacrée la Clémence ! Le Pardon ! la Charité ! la Foi ! Sacrés !
nos Corps ! souffrant ! magnanimité !
Sacrée la surnaturelle intelligente extrêmement brillante bonté
de l'âme !
L'expiation
Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l'aigle baissait la tête.
Sombres jours ! l'empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.
Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre :
Il neigeait. Les blessés s'abritaient dans le ventre
Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
On voyait des clairons à leur poste gelés
Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.
Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs,
Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d'être tremblant
Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.
Il neigeait, il neigeait toujours ! la froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n'avait pas de pain et l'on allait pieds nus.
Ce n'étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre ;
C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense armée un immense linceul.
Et, chacun se sentant mourir, on était seul.
- Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?
Deux ennemis ! Le Czar, le Nord. Le Nord est pire.
On jetait les canons pour brûler les affûts.
Qui se couchait, mourait. Groupe morne et confus,
Ils fuyaient ; le désert dévorait le cortège.
On pouvait, à des plis qui soulevaient la neige,
Voir que des régiments s'étaient endormis là.
O Chutes d'Annibal ! Lendemains d'Attila !
Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards, civières,
On s'écrasait aux ponts pour passer les rivières.
On s'endormait dix mille, on se réveillait cent.
Ney, que suivait naguère une armée, à présent
S'évadait, disputant sa montre à trois cosaques.
Toutes les nuits, qui vive ! alerte, assauts ! attaques !
Ces fantômes prenaient leur fusil, et sur eux
Ils voyaient se ruer, effrayants, ténébreux,
Avec des cris pareils aux voix des vautours chauves,
D'horribles escadrons, tourbillons d'hommes fauves.
Toute une armée ainsi dans la nuit se perdait.
L'empereur était là, debout, qui regardait.
Il était comme un arbre en proie à la cognée.
Sur ce géant, grandeur jusqu'alors épargnée,
Le malheur, bûcheron sinistre, était monté ;
Et lui, ce chêne vivant, par la hache insulté,
Tressaillant sous le spectre aux lugubres revanches,
Il regardait tomber autour de lui ses branches.
Chefs, soldats, tous mouraient. Chacun avait son tour.
Tandis qu'environnant sa tente avec amour,
Voyant son ombre aller et venir sur la toile,
Ceux qui restaient, croyant toujours à son étoile,
Accusaient le destin de lèse-majesté,
Lui se sentit soudain dans l'âme épouvanté.
Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,
L'empereur se tourna vers Dieu ; l'homme de gloire
Trembla ; Napoléon comprit qu'il expiait
Quelque chose peut-être, et, livide, inquiet,
Devant ses légions sur la neige semées :
- Est-ce le châtiment, dit-il, Dieu des armées ? -
Alors il s'entendit appeler par son nom
Et quelqu'un qui parlait dans l'ombre lui dit : non.
Et pour accompagner ce poème, Sarabande - Haendel.
Justice aux braves
Expirants vie et labeur !
Dansant,
Courtisant l’abîme d’une vie.
Trop souvent blâmés,
Hélas.
Les nuits sont courtes, les réveilles difficiles, le travail imposant, pourtant ça fait une heure que je surf sur le net. J'ai remarqué un truc, l'omniprésence des questionnaires! Ils sont même implantés dans les blogs, notamment pour se présenter. Je me suis donc mit en tête de remplir moi-même un questionnaire, non le moins connu, puisque mon dévolu s'imposa sur le fameux questionnaire de Proust. Je vous invite vous-mêmes à le remplir!
Voici donc pour moi :_____________________________________________________________________________________________________
Le principal trait de mon caractère.
_____________________________________________________________________________________________________
La qualité que je préfère chez un homme.
_____________________________________________________________________________________________________
La qualité que je préfère chez une femme.
_____________________________________________________________________________________________________
Ce que j'apprécie le plus chez mes amis.
_____________________________________________________________________________________________________
Mon principal défaut.
_____________________________________________________________________________________________________
Mon occupation préférée.
_____________________________________________________________________________________________________
Mon rêve de bonheur.
_____________________________________________________________________________________________________
Quel serait mon plus grand malheur ?
_____________________________________________________________________________________________________
Ce que je voudrais être.
_____________________________________________________________________________________________________
Le pays où je désirerais vivre.
_____________________________________________________________________________________________________
La couleur que je préfère.
_____________________________________________________________________________________________________
La fleur que j'aime.
_____________________________________________________________________________________________________
L'oiseau que je préfère.
_____________________________________________________________________________________________________
Mes auteurs favoris en prose.
_____________________________________________________________________________________________________
Mes poètes préférés.
_____________________________________________________________________________________________________
Mes héros dans la fiction.
_____________________________________________________________________________________________________
Mes héroïnes favorites dans la fiction.
_____________________________________________________________________________________________________
Mes compositeurs préférés.
_____________________________________________________________________________________________________
Mes peintres favoris.
_____________________________________________________________________________________________________
Mes héros dans la vie réelle.
_____________________________________________________________________________________________________
Mes héroïnes dans l'histoire.
_____________________________________________________________________________________________________
Mes noms favoris.
_____________________________________________________________________________________________________
Ce que je déteste par-dessus tout.
_____________________________________________________________________________________________________
Personnages historiques que je méprise le plus.
_____________________________________________________________________________________________________
Le fait militaire que j'admire le plus.
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La réforme que j'estime le plus.
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Le don de la nature que je voudrais avoir.
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Comment j'aimerais mourir.
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État présent de mon esprit.
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Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence.
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Ma devise.
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Puisse Dieu te bénir et te garder en vie
Puissent tous tes souhaits se réaliser
Puisses-tu toujours oeuvrer pour les autres
Et laisser les autres agir pour toi
Puisses-tu construire une échelle jusqu'aux étoiles
Et monter chacun de ses barreaux
Puisses-tu rester jeune à jamais
Eternellement jeune, éternellement jeune
Puisses-tu rester éternellement jeune
Puisses-tu grandir et devenir vertueux
Puisses-tu grandir et rester tel que tu es
Puisses-tu toujours connaître la vérité
Et voir les lueurs autour de toi
Puisses-tu toujours être courageux
Te tenir droit et rester fort
Puisses-tu rester jeune à jamais
Eternellement jeune, éternellement jeune
Puisses-tu rester éternellement jeune
Puissent tes mains toujours rester affairées
Puissent tes pieds toujours rester rapides
Puisses-tu compter sur des bases solides
Quand les vents annonceront les changements
Puisse ton coeur toujours rester joyeux
Puisse ta chanson toujours être chantée
Puisses-tu rester jeune à jamais
Eternellement jeune, éternellement jeune
Puisses-tu rester éternellement jeune

Une nostalgie douce... read more
on 09 In The Evening